La reforme de la première année de médecine

Bonjour à tous,

Voici des informations qui répondront à vos interrogations concernant l’actualité de la réforme LMD Santé.  

Effectivement la Commission L1 doit rendre ces propositions concernant la L1 commune prochainement (certainement en avril) et doit encore se réunir à la fin du mois. Les propositions concerneront essentiellement le contenu des enseignements de la 1ère année commune aux filières médicales et pharmaceutique. Le but étant de créer un socle de culture commun à ces 4 filières mais en élaborant 4 concours différents pour diminuer le choix par défaut. Le premier semestre comprendrait les enseignements du tronc commun et le second semestre comprendrait une partie du tronc commun mais aussi les enseignements propres à chaque spécialité. 

Le programme de L1 santé comprend un tronc commun avec 9 unités d’enseignement de sciences de base (42 crédits ECTS) et une unité d’enseignement Santé–Société–Humanité (8 crédits ECTS). Quatre unités d’enseignement spécifiques sont dédiées aux métiers concernés (maïeutique, médecine, odontologie, pharmacie). L’étudiant peut s’inscrire à une, deux, trois ou quatre de ces unités d’enseignement spécifiques afin de pouvoir être classé en fin de L1 santé pour le ou les deux, trois ou quatre professions choisies. 

 

 

L1 (60 ECTS) : Les domaines étudiés   

                   Tronc commun (50 ECTS): 

                        1 UE Santé Société Humanité (8 ECTS)  

                        9 UE Bases Fondamentales (42 ECTS):  

UE2 : Organisation des Appareils et Systèmes (1) : Aspects Morphologiques et Fonctionnels Généraux (4 ECTS) 

UE3 : Organisation des  Appareils et Systèmes (2) : Aspects Fonctionnels – Méthodes d’Étude (6 ECTS)  

UE4 : Atome - Biomolécules – (Bioénergétique) (6 ECTS) 

UE5 : Le Génome : Sa Structure, Son Expression  (Ses Moyens d’Études) (4 ECTS) 

UE6 : Environnement infectieux (4 ECTS)  

UE7 : La Cellule et les Tissus (6 ECTS)  

UE8 : Tissus Sanguin et Lymphoïde (4 ECTS)  

UE9 : Initiation à la Connaissance du Médicament et à la Recherche en Thérapeutique Médicamenteuse (5 ECTS)  

UE10 : Évaluation des Méthodes d’Analyses appliquées aux Sciences de la Vie et de la Santé (3 ECTS) 

 

 

                   Enseignements spécifiques à chacune des filières (10 ECTS). 1 UE par filière, enseignements mutualisés, possibilité de s’inscrire à plusieurs UE.                   

                        UESp1 Maïeutique  

UESp2 Médecine 

UESp3 Odontologie 

UESp4 Pharmacie

 

Il est essentiel que cette réforme n’aboutisse pas à une hiérarchisation des filières, à savoir la filière médecine comme la « principale » et les 3 autres comme des filières « secondaires ». 

Or à l’heure actuelle certaines propositions vont dans ce sens. En effet, certains proposent des coefficients différents pour le tronc commun en fonction des filières. De plus, il existe des cours mutualisables entre les UE spécifiques de chaque filière. Actuellement, les dentaires affirment que leurs coefficients des UE du tronc commun devraient être les mêmes que ceux des médecins, craignant, de s’éloigner de leur statut médical. Il n’est pas question que des coefficients soient différents entre certaines filières et identiques pour d’autres. En même temps, les UE spécifiques doivent vraiment faire ressortir les spécificités de chaque filière en évitant les mutualisations (à noter qu’à l’heure actuelle les médecins partagent tous leurs modules d’UE spécifique avec au moins une autre filière comme si la filière médecine était la filière centrale).Pour éviter la hiérarchisation des 4 concours en maintenant 4 concours différents, il nous semble logique qu’il n’y ai pas de coefficients différents pour le tronc commun et de réelles UE spécifiques de chaque filière.

 

 

 

2 points importants sont à reconsidérer : 

                - coefficients différents dans le tronc commun selon les filières 

                - mutualisation des enseignements d’UE spécifique 

Vous trouverez en PJ, la situation actuelle concernant les UE spécifiques.

 

Concernant le Rapport Bach, la concertation autour du rapport aura lieu le jeudi 13/03/08. L’ANESF sera bien sûr présente et affirmera activement les demandes des ESF.

RAPPEL : 

Les propositions du rapport sont les suivantes :

Proposition 1 :Créer un programme commun national entre les 4 filières de médecine, d’odontologie, de pharmacie et de sage-femme, intitulé « L1 Santé », avec le double but d’ouvrir le maximum de possibilités aux étudiants et de créer un ciment pour les futurs acteurs des professions de santé,  programme complètement commun pour le premier semestre (S1) et plus partiellement pour le second (S2) en raison de l’introduction de modules spécifiques propres à  chaque filière, à dose raisonnable, étant entendu que liberté serait donnée aux facultés de pharmacie de dispenser en leur sein leurs enseignements.

 

Proposition 2 :

 Favoriser l’orientation active par une information précoce et diversifiée auprès des lycéens sur les études et les métiers de la santé, au lycée dès la seconde, puis après le dépôt d’un dossier d’inscription en L1 Santé, en imposant un entretien avec des enseignants, soulignant la difficulté et la longueur des études de chacune de ces filières.

Proposition 3 : Réorienter le plus rapidement possible les étudiants n’ayant pas encore le niveau nécessaire pour les filières auxquelles ils aspirent, attesté par une note à l’épreuve de fin de S1 ou au concours à la fin de S2,  inférieure à 7/20, note dont les statistiques montrent qu’elle laisse très peu d’espoir à ces étudiants d’être reçus au deuxième concours. Cette réorientation laisserait la possibilité aux étudiants qui le désirent, de recommencer un L1 Santé après une remise à niveau scientifique de 18 ou de 12 mois  selon qu’ils ont été réorientés après le S1 ou après  le S2.

 

Proposition 4 : Limiter le redoublement en favorisant la réussite au premier concours (bonus de 1 point aux primants) sans pénaliser les redoublants (adaptation du numerus clausus).

 

Proposition 5 : Enrichir le programme pédagogique de première année en renforçant les enseignements de sciences fondamentales et en restructurant les sciences humaines et sociales avec introduction de la santé publique et de la culture générale, sans oublier l’information sur les métiers de la santé.

 

Proposition 6 : Généraliser et renforcer le tutorat des étudiants de première année, avec l’aide d’un soutien  financier public.

 

Proposition 7 : Moderniser les méthodes pédagogiques en menant en parallèle un encadrement direct par les enseignants et un soutien informatique s’appuyant sur des documents numériques standardisés et l’accès généralisé des étudiants à un ordinateur.

 

Proposition 8 : Mettre en place de nouvelles passerelles entrantes en L2 Santé pour les étudiants titulaires d’un Master scientifique ou d’un diplôme de certaines professions paramédicales avec les remises à niveau nécessaires.

 

Proposition 9 : Favoriser l’accès en L2 Santé d’un nombre limité de titulaires d’un Baccalauréat autre que scientifique par la création d’un deuxième concours.

 

Proposition 10 : Créer avec les équivalence nécessaires de nouvelles possibilités pour les étudiants non reçus au concours, mais ayant validé le L1, leur donnant une entrée accélérée dans : 

1° - des cursus universitaires généralistes, en particulier scientifiques, 

2° - des cursus universitaires professionnalisants dans le domaine de la santé ou des  sciences 

3° - des formations professionnelles courtes, non universitaires 

4° - de l’école paramédicale, notamment les écoles d’infirmières et de kinésithérapeutes 

5° - certains métiers nouveaux dans le domaine de la santé.

 

 

La volonté de créer un socle commun de culture entre les 4 filières concernées par la L1 et de favoriser l’information autour de ces professions est tout à fait positive. La mise en place d’un tutorat de qualité (avec des tuteurs issus des 4 filières de la L1), des méthodes pédagogiques modernisées et la création de passerelles entrantes et sortantes sont des avancées pour la réforme de nos cursus.

Cependant certaines notions telles que :

        -         mise en place d’une note seuil de 7/20 en deçà de laquelle les étudiants devront se réorienter sous quelques conditions. (la mise en place d’un pourcentage seuil en fonction des universités est plus juste) 

-         le bonus aux primants 

-         une épreuve de culture générale en SSH (qui pourrait pénaliser les étudiants étrangers) 

-         la création d’un 2ème concours pour les étudiants titulaires d’un Bac autre que S. (s’agit-il d’un numerus clausus différent ?)sont à reconsidérer et feront débat.

 

Concernant notre filière plus spécifiquement, le fait d’être associé à cette réforme visant à instaurer un socle de culture commun aux filières médicales et pharmaceutique est très positif ; d’autant plus que cette réforme vise à faire de cette 1ère année de cursus une réelle année de formation plutôt qu’une année de sélection intensive. C’est un pas vers la reconnaissance de nos 5 années d’études avec une L1 réellement universitaire ! 

Ce qui nous différencie des autres filières est l’intégration à l’Université. Cette dernière est mentionnée pour notre filière dans le rapport qui spécifie que nous ne sommes « pas encore » intégrés à l’Université. Mais le rapport ne précise pas de mesures concrètes visant à nous intégrer à l’Université et met en avant cette différence pour « marginaliser » la filière sage-femme à nos dépends concernant les propositions de passerelles inter-filières issues de la L1.

 

«  Entrée réservée aux titulaires d’un diplôme de l’une des trois autres filières de santé :                                                          

a)    pour les médecins, les pharmaciens et les odontologistes : entrée directe en L3  

Santé pour l’une quelconque des filières  (disposition déjà existante),  

b)    pour les sages-femmes, entrée directe en L2 Santé (qui n’existait pas jusqu’à présent). 

La différence de traitement de la maïeutique  avec les  trois autres filières est due au  fait  que cette  formation n’est pas encore intégrée au cursus universitaire. » 

 

 

Après avoir fait le constat qu’il est temps de réformer les études en Santé intelligemment et de manière efficiente, à la fois pour améliorerle système de soins français mais aussi pour se conformer à l’enseignement supérieur au niveau européen, en élaborant un socle de culture commun afin que les futurs professionnels médicaux collaborent mieux et que les étudiants en Santé rentrent dans un vrai système LMD ; l’opérateur commun de l’enseignement est évident, il s’agit de l’Université. La filière sage-femme, médicale et totalement intégrée à la réforme, doit être universitaire afin d’élaborer la suite de son cursus L2-L3-M1-M2 dans des conditions qui s’avèrent nécessaires! 

On doit, pour une réforme efficace, mettre en place l’intégration Universitaire de la filière sage-femme et ne surtout pas se servir de l’incohérence actuelle du cursus des étudiants sages-femmes pour continuer à faire de cette filière, une filière « différente » des autres filières médicales. 

 

 

 

                                                                       Myriam KHENICHE 

                                                                       Présidente de l'ANESF

 

 

 

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